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karloman |
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Qu’elles s’appellent Parthénon, Codification zéro ou bien Apparences, les œuvres de Karloman sont un grand cri de désespoir. Son cri est muet car il a choisi la peinture, mais il n’en est pas moins assourdissant et c’est là tout son talent d’artiste. On le sent influencé par les grands peintres espagnols tel Picasso, et avant lui Velázquez, Goya… Sa vision du monde est sombre mais ne peut laisser indifférente. Impuissant et submergé, on découvre des empoignades toute physiques, des enchevêtrements de corps dénudés ou encore des cabrements de chevaux angoissés…l’on se révolte alors contre la cruauté de l’homme envers l’homme… Des escaliers sans palier, des cités obscures désertées ou des ruelles en forme de labyrinthes nous otent pourtant tout espoir de rédemption et ainsi enfermé dans notre condition humaine, l’on voudrait entendre Karloman crier plus fort et plus loin, afin que chacun l’écoute… Témoins de la perte d’identité et de repères, les symboles de Karloman transcendent nos frontières, ne cherchant pas à reproduire la réalité mais plutôt à l’inventer…Ainsi il nous projettera dans une dimension qui défie le temps, où des colonnes antiques supportent des géodes futuristes ; il ignorera l’espace lorsque le regard de ses personnages se pose sur l’invisible, et dépassera les apparences du réel en colorant des chevaux aux couleurs de l’arc-en-ciel. Ses traits, abruptes et suggestifs, animent son monde d’une passion et d’une force quasi tellurique ; ses flous accèlérent encore le mouvement et le désordre des scènes chaotiques ; et l’austérité de la monochromie, mise en écrin par de rares touches de rouge, vient renforcer l’intensité dramatique de ses sujets. Anne Postec Paris 2000
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